Thématique : Espèces pêchées ou élevées, stocks | Localisation : Bretagne Nord, Bretagne Sud, Manche et Mer du Nord | Filière : Pêche

Projet financé par...

  • Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture (DPMA)
  • France Filière Pêche (FFP)

Contexte

La coquille Saint-Jacques est l’une des espèces primordiales des pêches maritimes françaises. Le stock de la baie de Saint-Brieuc est un des deux plus importants à l’échelle nationale, par ailleurs, il s’agit de la population qui présente les densités les plus fortes au niveau européen.

Pour l’économie maritime du Département des Côtes d’Armor son exploitation est structurante : pendant la saison de pêche 2019/20, pourtant fortement impactée par la crise sanitaire COVID-19, le stock a été exploité par plus de 225 navires dragueurs, soit environ par 750 marins-pêcheurs pour une production officielle de 5340 tonnes.

La campagne COSB d’évaluation annuelle de l’abondance du stock de coquilles Saint-Jacques briochin s’inscrit dans la fonction d’observatoire de la cinétique et de la dynamique des principales ressources exploitées en Manche occidentale confiée au Laboratoire de Biologie Halieutique (LBH) de Brest.

La série de données générées par cette campagne est très longue (début en 1974) la classant parmi les plus anciennes en France. La campagne bénéficie d’un protocole de collecte standardisé depuis 1991 en intégrant une structure en taille et en âge de la population spatialisée ainsi qu’un modèle de calibration de l’efficacité absolue de l’engin de pêche expérimental sur le fond.

Objectifs

Prévoir l’abondance de la ressource et organiser des campagnes de pêche étudiant le quota global annuel, le calendrier de la saison de pêche et évaluation de l’effort de pêche nominal.

Alimenter en données les travaux de recherche sur la méthodologie de l'échantillonnage des populations structurées en âge et en taille, sur les interactions pêche-environnement (impact de la pêche sur les populations et peuplements, coexistence et compétition coquille Saint-Jacques/crépidule) et sur la modélisation bioéconomique (gestion durable des ressources renouvelables).

Actions

Le partenariat scientifiques/professionnels de la pêche dans le cas de la coquille Saint-Jacques briochine est un de plus anciens modèles de ce type en France, sinon le plus ancien : il y a un vécu de près d’un demi siècle dans ce domaine depuis l’instauration du système de licences de pêche numerus clausus (premier cas en France) et la mise en place d’un suivi annuel de l’état de la ressource dans un but de la gestion par quota global de pêche (également avant-garde en France). Le montage financier actuel du projet était l’évolution logique de cette collaboration.

L’échantillonnage des débarquements commerciaux initié il y a longtemps (1974), facilité par la suite par la mise en place de la vente aux enchères (criées) a été standardisé en 1997 et permet de calculer les mortalités directe et indirectes exercées sur la population coquillière entre deux campagnes annuelles COSB et contribue au calcul du potentiel de reproducteurs et exploitables du stock ainsi que du quota annuel de pêche selon différents scénarios d’exploitation. Cette tâche dont la réalisation s’étend sur une longue période (saison de pêche, novembre à avril) serait attribuée au CDPM des Côtes d’Armor étant donné la proximité géographique permettant la souplesse nécessaire. Etant donné l’expérience acquise par l’Ifremer dans ce domaine une période de transition pour le transfert des connaissances doit être prévue dans le projet le traitement et l’analyse annuelle des résultats revenant toujours à l’Ifremer.

Le captage du naissain également mis en place à la même période (milieu des années 70) permet d’obtenir un indice semi-quantitatif de l’abondance de la reproduction de l’année selon les différentes vagues de fixation (entre une et trois) des larves de coquilles Saint-Jacques pendant l’été. Cette tâche serait également à la charge du CDPM des Côtes d’Armor.

Résultats

La première partie de la saison de pêche 2020/21, toujours sous contrainte sanitaire, a connu un chiffre record des débarquements officiels (3575 t enregistrées). L’état actuel de la ressource est le plus florissant jamais enregistré : on se situe à +35% de biomasse exploitable comparativement à la précédente année culminante (2006), avec, par ailleurs, +63% de biomasse adulte toujours par rapport à 2006. La conjonction des conditions hydroclimatiques propices et d’une politique de préservation de reliquat de pêche sous le contexte de la crise sanitaire COVID-19 qui a fortement allégé la pression de pêche peut expliquer l’état prolifique actuel.

Poursuivi des actions annuelles et amélioration du background scientifique pour une valorisation plus élargie des acquis grâce au suivi.