Thématique : Espèces pêchées ou élevées, stocks | Localisation : Méditerranée | Filière : Pêche

Projet financé par...

  • France Filière Pêche (FFP)

Contexte

Depuis 2008, on observe en Méditerranée une baisse de la biomasse des anchois et sardines : poissons plus petits et moins gras qu’avant 2008, mais toujours aussi nombreux. Ce constat s’accompagne d’une crise de la pêcherie : poissons peu valorisables sur le marché, chute de l’effort de pêche et des captures.

Le projet ECOPELGOL cherche à apporter des réponses à plusieurs questions :

Que sont devenus les gros anchois et sardines ?

Quel(s) facteur(s) a(ont) impacté cette biomasse ? Prédation ? Pêche ? Maladies/parasites ? Manque de plancton ?

Objectifs

Comprendre la diminution de sardines et d'anchois

Analyser les facteurs ayant impacté la biomasse de sardines et d'anchois

Résultats

L’étude a démontré que la surmortalité des sardines et anchois adultes n’est pas causée par la pêche, ni par les maladies, ni par la consommation par les thons rouges ou les dauphins.

La baisse de croissance ainsi que la faible condition des poissons semblent indiquer que ces populations pourraient souffrir d’un déficit énergétique.

Ces espèces pélagiques se nourrissent de plancton, ensemble d’organismes en suspension dans l’eau. Il semblerait que la composition du plancton consommé actuellement soit différente de celle consommée avant la diminution de la taille des poissons. En particulier, la taille et le pouvoir calorique du plancton consommé auraient diminué. Ceci conforte l’hypothèse d’un apport énergétique plus faible, expliquant au moins en partie la diminution des réserves lipidiques de ces poissons.

De façon générale, les animaux doivent répartir l’énergie qu’ils acquièrent au travers de leur alimentation entre les principales fonctions (respiration, digestion, croissance, la reproduction, etc.). Face à la diminution d’énergie disponible, les sardines et anchois semblent avoir maintenu (voire augmenté) leur investissement reproducteur en commençant à se reproduire plus jeune et en développent des gonades (organes reproducteurs) toujours aussi grosses proportionnellement à leur taille. Ces 2 espèces semblent donc favoriser leur reproduction et ceci pourrait se faire au détriment de leur croissance et de leur survie.

Il semble donc que les populations de sardines et d’anchois soient affectées par un changement du plancton qui serait constitué d’espèces moins énergétiques qu’auparavant, engendrant une baisse de l’énergie disponible pour les sardines et les anchois. Face à ce changement ces poissons maintiendraient un investissement reproducteur fort en lien avec une croissance plus faible et pouvant aller jusqu’à affecter leur survie.

  • Qu’est-ce qui a pu entraîner les changements du plancton ?
  • Est-ce que des changements environnementaux (température de l’eau, débit du Rhône, changements de régimes des vents, pollution, etc. ) peuvent en être responsables ?