Thématique : Écosystèmes et environnement, Espèces pêchées ou élevées, stocks | Localisation : France | Filière : Autre

Projet financé par...

  • Union Européenne – FEAMP

Contexte

Inventaire, Diagnostic Ecologique et Restauration des principaux bancs d’huître plate en Bretagne (Flat Oyster REcoVERy)

L’huitre plate, Ostrea edulis, était autrefois une espèce très importante sur nos côtes bretonnes, où elle faisait vivre de nombreuses familles de pêcheurs. De nombreuses flottilles étrangères venaient exploiter aussi nos stocks. Mais rapidement sur exploitée par la pêche, de nombreux bancs ont disparu au 19ème siècle et l’aquaculture du 20ème siècle n’a pas réussi à redresser la production. Désormais cette espèce, vieille de 200 millions d’années, est sur la liste européenne des espèces à protéger de l’OSPAR : elle a même disparu de mer du Nord où des opérations de ré-introduction sont en cours en Allemagne.

En France, nous avons encore « la chance” d’avoir des bancs d’huîtres plates en Bretagne et notamment en Rade de Brest et Baie de Quiberon. Mais pour combien de temps ? Ces bancs sont en mauvais état et ne font l’objet d’aucune mesure de conservation ou de gestion.

Mais le problème qui se cache derrière cette espèce et sa surexploitation est plus épineux : il est lié à l’habitat qu’elle est capable de créer. C’est une espèce ingénieur, qui construit (par sa production de coquille) des mini-récifs sous marins qui servent de supports et d’abris à de nombreuses autres espèces (presque une centaine). Garant de biodiversité, ces oasis peuvent aussi abriter des espèces d’intérêt pour la pêche : pétoncles, seiches et même ormeaux. Lors du pillage des bancs du 19ème siècle, un éminent scientifique (Moebius, père de l’écologie moderne), avait comparé l’habitat de l’huitre plate à des forêts sous marines pour faire prendre conscience à l’Etat de la richesse de ces milieux et des dégâts irréparables en cours : le terme ”biocénose” vient de son étude sur les bancs d’huitres plates…

Dans ce contexte, le projet FOREVER (projet FEAMP phase I : 2018-2020) s’intéresse à l’état écologique et la santé de ces derniers bancs et aborde des aspects de restauration écologique. C’est le premier projet de ce type en France. Il fait écho à d’autres similaires ailleurs chez nos partenaires européens.

 

Objectifs

Dresser un inventaire des principales populations sauvages résiduelles encore présentes en Bretagne

Détailler au mieux le rôle de ces populations dans le recrutement de l’espèce dans les deux derniers écosystèmes bretons qui fournissent encore le captage français

Proposer des méthodes innovantes pour restaurer et sou-tenir les bancs les plus remarquables

Pérenniser l’activité de captage et de production de cette espèce native et patrimoniale, tout en assurant, sur le long terme, son rôle dans la biodiversité marine de nos côtes

Actions

Au bout des trois ans du projet, les résultats attendus sont les suivants:

– Inventaire régional des principaux bancs bretons associé à une évaluation de leur état de santé et de leur diversité génétique,

– Caractérisation approfondie des deux principaux bancs sauvages résiduels de la rade de Brest et de la baie de Quiberon,

– Meilleure compréhension du déterminisme du recrutement de cette espèce native menacée,

– Mise en œuvre d’outils de connectivité larvaire réalistes, incluant du comportement larvaire pour mieux comprendre la dynamique de vie d’un banc,- Analyse approfondie de la distribution des parasites dans l’environne-ment proche des bancs,

– Contribution à la mise en œuvre de mesures de gestion, de conservation et de restauration de ces bancs en concertation avec la profession et les gestionnaires,

– Développement de supports de fixation particuliers à base de béton calcaire (ex: coproduits coquilliers) mieux adaptés à la restauration des bancs d’huîtres plates: conception et fabrication d’un nombre caractéristique de supports destinés à être immergés,

– Pilote de démonstration pour la restauration de ces bancs, avec (Bretagne Nord, écloserie de Porscave) ou sans (Bretagne Sud) l’intervention de souches rustiques