Thématique : Espèces pêchées ou élevées, stocks | Localisation : Bretagne Nord, Bretagne Sud, Golfe de Gascogne, Manche et Mer du Nord | Filière : Pêche

Projet financé par...

  • France Filière Pêche (FFP)

Contexte

La médiatisation de la vulnérabilité de nombreuses espèces d’élasmobranches à la surexploitation ont conduit à l’interdiction de pêche du requin-taupe en 2010. Différentes études sur le requin-taupe et sa pêcherie ont été réalisées par un partenariat français entre les professionnels, les scientifiques et les collectivités territoriales. Elles ont permis de constater que la diminution de l’effort de pêche est en partie à l’origine de la baisse des débarquements et de démontrer une fidélité printanière de cette espèce au golfe de Gascogne et à la mer Celtique. Au vu de ces résultats, le stock de requin-taupe a été reconnu comme méconnu en 2015 par le CIEM qui recommande la mise en place d’une campagne scientifique de suivi d’abondance, base technique d’un plan de gestion.

Objectifs

Réaliser une étude préliminaire à la mise en place de campagnes scientifiques en mer de suivi d’abondance

Définir un protocole pour évaluer l’abondance et à marquer des individus pour étudier leurs migrations

Valoriser les résultats issus des travaux menés sur le requin-taupe

Actions

La campagne d’essai en mer, préparée avec les pêcheurs professionnels et validée par le groupe de travail sur les poissons élasmobranches du CIEM, a été réalisée du 28 juin au 8 juillet sur le navire « FILLE DU SUET ». Au total, 27 requins-taupes ont été capturés dans le golfe de Gascogne. Au cours de cette campagne, plusieurs dispositifs ont été testés sur la durée de pose, le nombre de palangres posées, le type d’hameçons utilisés et le maintien des requins le long de la coque, afin de limiter la mortalité liée à la capture. Pour évaluer cette mortalité, plusieurs marquages d’individus avec des balises de survie ont été effectués. Des marquages avec des balises de suivi ont également été effectués pour étudier la migration des requins marqués.

Résultats

L’expérimentation du protocole a permis à l’Ifremer de conclure que :

  • 3 heures de pose est l’option à privilégier (équilibre rendement/mortalité)
  • 2 poses de 4 palangres par jour s’avèrent moins chronophages que 3 poses de 3 palangres
  • L’emploi d’hameçons en J est préférable
  • Le système de maintien le long du bord est validé (nacelle basculante)

Ces préconisations ont été intégrées dans le protocole des futures campagnes de suivi d’abondance du requin-taupe en Atlantique Nord-Est. Au total, 14 requins-taupes ont été marqués (7 avec des balises de survie, 7 avec des balises de suivi). 2 balises de survie et 3 balises de suivi se sont détachées au cours du premier mois, signifiant la mort des individus. En pondérant les mortalités en fonction de l’état du requin au moment de la remise à l’eau, Ifremer estime le taux de mortalité liée à la capture à 42%. Sur une campagne scientifique de suivi d’abondance, cela équivaudrait à une perte de 2 tonnes, bien inférieure aux 10 à 70 tonnes de prises accidentelles annuelles de requin-taupe (valeur sous-estimée).

Les balises de suivi étant programmées pour n’émettre qu’au bout d’un an, les résultats sur la migration des requins ne pourront être disponibles avant la fin 2017. Toutefois sur les 7 balises posées lors de la campagne, seules 4 peuvent encore fournir un schéma annuel de migration, les 3 autres ayant émis prématurément.

Afin d’avoir une vision globale des connaissances sur le requin-taupe, plusieurs éléments de communication ont été produits :

  • Une synthèse bibliographique des études menées sur le requin-taupe et la pêcherie
  • Des affiches (français/anglais) synthétisant la situation actuelle de la pêcherie et l’intérêt du lancement d’une campagne de suivi d’abondance

Un dossier a été déposé en 2016 par le partenariat dans le cadre de l’appel à projet FEAMP sur la mesure 28, pour le financement d’une campagne scientifique de suivi d’abondance du requin-taupe dans l’Atlantique Nord-Est (CATaupe). Ce projet vise à mettre en place une série de 3 campagnes annuelles successives en 2017, 2018 et 2019 sur un navire de l’Ile d’Yeu, pour obtenir des indices d’abondance et poursuivre l’acquisition des connaissances sur la biologie et l’écologie de cette espèce (schéma de migration et maturité sexuelle). Les résultats obtenus des différents travaux sur la taupe seront présentés à la Commission européenne par une délégation représentative du partenariat, afin d’échanger sur une éventuelle réouverture de la pêcherie dans le cadre d’un plan de gestion partagé.